Le Floating Mooring ou l’Art de faire flotter la chaine… (article 91)

La découverte de l’archipel des Tuamotu nous enchante. Après Fakarava, nous allons continuer à naviguer entre les différents atolls et nous nous régalons. Seule petite ombre au tableau : les patates…

Les spots découverts les uns après les autres sont de toute beauté mais ils se méritent. Notre premier relevé d’ancre, nous a donné bien du souci. Nous étions là depuis plusieurs jours, l’ancre plantée dans 10 mètres mais au moment de partir, la chaine reste coincée au fond. On a beau tirer, avancer, reculer, tirer encore, rien à faire, elle ne veut rien savoir. Philippe finit par mettre palmes et masque et plonge voir ce qui se passe… AIEOUILLE!! La chaine entoure complètement une patate de corail et s’est bien coincée dessous. A 10 mètres de fond, l’eau étant claire, nous tentons une première solution : Philippe retourne à l’eau et me donnera les consignes pour faire pivoter Kermotu autour de la patate en suivant l’entortillage de la chaine. Un bon quart d’heure après, Kermotu est libéré. Nous avons eu chaud !!

Heureusement pour nous, le vent n’avait pas été trop fort les jours précédents donc le bateau n’avait pas trop tiré sur la chaine. Nous avons su ensuite que la seule solution sinon, reste de trouver un plongeur en bouteille qui fera le boulot.

Grâce à la rencontre des autres équipages, nous apprenons la technique du floating mooring ou l’art de faire flotter la chaine. Il suffit de se promener sur les plages désertes et de récupérer 3 bouées qui les jonchent. Ce sont les bouées qui servaient à l’industrie perlière il y a quelques années mais le déclin de cette industrie laisse pourrir des milliers de bouées sur les plages.

Muni de ces 3 bouées, nous sommes sauvés ! Elles serviront à faire flotter la chaine. Nous mettrons la technique de pose au point, au fur et à mesure de nos différents mouillages.

On vous embrasse.

Fakarava, on ne s’en lasse pas…(escale 91)

Nous sommes restés bien plus longtemps que prévu à Fakarava ! Quelle chance !

Les Maaramu (vent violent) qui se sont succédés, puis la venue inattendue de l’Aranui sur lequel Paul travaille, nous ont fait découvrir ce magnifique atoll. Pendant les maaramu, nous étions dans le sud où nous avons snorkellé dans la passe sud, visité le vieux village de Tetamanu, et les très beaux sables roses.

Retour vers le nord, à Rotoava pour les courses et l’attente de l’Aranui puis la découverte du lagon vert et bleu accompagnés d’une famille d’un bateau copain.

Nous garderons un merveilleux souvenir de ce premier atoll, nous avons pu prendre notre temps, retourner plusieurs fois aux mêmes endroits et s’imprégnier profondément de ces paysages incroyables, de la gentillesse des habitants, de leur sourire.

On vous embrasse.

Spot d’Hirifa, à Fakarava (escale 90)

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Paul est reparti et déjà un nouveau Maramu s’annonce. On ne restera pas devant Rotoava car le mouillage n’est pas sécurisant avec ce vent du sud qui peut lever de grosses vagues et mettre les bateaux en danger. Les lagons des atolls sont de véritables mers intérieures et nous devons nous mettre à l’abri de ce vent du sud-est (vagues et rafales) derrière la barrière de corail et derrière les cocotiers.

A Fakarava, le mouillage d’Hirifa, tout au sud de l’atoll, à 40kms de Rotoava, est bien connu des navigateurs comme un très bon abri. Nous n’hésitons pas une seconde et nous levons l’ancre. Mais c’est le calme avant la tempête, et nous serons obligés de faire du moteur pour y aller. Quelques Va’a (pirogue polynésienne) profiteront de notre sillage pour surfer quelques minutes. Le chenal est bien balisé mais on reste vigilant car quelques patates de corail ont été oubliées au passage.

Hirifa est l’angle sud-est du grand rectangle que représente Fakarava. Nous serons une quarantaine au mouillage, mais ça va, c’est grand! C’est aussi un super spot de Kite et Philippe va pouvoir s’y remettre en toute sécurité. Nous découvrons ce petit boût du monde qui nous plait beaucoup.

On vous embrasse

Premiers pas aux Tuamotu (escale 89)

Kermotu est arrivé dans l’archipel des Tuamotu, situé entre celui des Marquises et celui des Iles de la Société (dont Tahiti). Les Tuamotu sont composés d’un chapelet de 78 atolls de tailles et formes variées. Le plus grand fait 75 km de long et le plus petit ne fait que 4 km, rond, ovale ou rectangulaire comme Fakarava.

Ces petits bouts de terre ferme ne représentent que 600 km² dispersés sur une surface totale de 600000 km² soit un peu plus que la taille de la France.

La structure d’un atoll est simple : une bande de sable discontinue entourant un lagon et entourée d’une barrière de récif. Il a fallu plusieurs millions d’années pour que le volcan originel ait totalement disparu sous le niveau de l’océan. Seuls subsistent alors la barrière de corail, les motu et le lagon.

Nos premiers pas seront donc pour Fakarava, atoll célèbre pour sa faune sous-marine dont le mur de requins de la passe sud. Comme d’habitude, nous prenons le temps de déambuler dans le village pour nous imprégner de l’atmosphère. Comme c’est dimanche, tout est fermé et quelques Paumotu (le nom donné aux habitants des Tuamotu) se baladent et nous croisent en lançant de grands « IORANA ! » . La première impression est très bonne, malgré le vent toujours fort et le ciel chargé de gros nuages menaçants, nous commençons à entrevoir les multiples couleurs des lagons Polynésiens.

Et là, nos cœurs commencent à chavirer ! En nous rendons compte que nous avons réussi à aller si loin, nous sommes dans un état de béatitude devant ces paysages que l’on sent époustouflants et avons hâte de continuer à découvrir et admirer cette magnifique Création .

Paul nous quittera pour 6 semaines de travail sur l’Aranui, cargo de transport de marchandises qui ravitaille les Marquises en passant par les tuamotu et prend aussi à son bord une centaine de passagers et touristes.

On vous embrasse.

Kermotu, Taxi pour les Tuamotu (escale 88)

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Après un bon repos à Nuku Hiva aux Marquises, il nous tarde de découvrir les paysages carte-postales des Tuamotu.

Sur les quais, nous sommes abordés par un couple de jeunes qui cherchent à quitter les Marquises pour poursuivre leur voyage. A cause du confinement, les avions se font rares et ils demandent à tous les voiliers s’ils peuvent se faire embarquer vers un atoll des Tuamotu. La chance leur sourit car nous levons l’ancre le lendemain et nous avons de la place sur le bateau ! Kermotu devient Taxi, le temps d’une traversée de 4 jours.

Louise est Photographe et Swan, capitaine Lagonaire. Nous sommes ravis de partager ces quatre jours de navigation avec eux. Ils nous décrivent Moorea, leur ïle dans l’archipel de la Société, avec beaucoup d’amour et leurs expériences de plongées avec les baleines. Louise a également un contrat avec des marques de vêtements et d’accessoires à photographier. Nous assisterons à un  défilé de mode privé, Louise et Swan servant de modèle à tour de rôle.

La navigation sera plutôt confortable, un vent correct pour bien avancer sur les  deux premiers jours mais faiblissant ensuite. Un gros grain l’avant dernier jour suivi d’une chasse aux poissons incroyable. Nous pouvons ressortir le spi qui fera un très bel arrière-plan pour les photos !

Enfin, le premier atoll des Tuamotu nous accueille : Fakarava, le deuxième plus grands parmi les 78 atolls. Et le plus dur reste à faire : entrer dans le lagon. 16 lagons seulement, ont une ouverture sur l’océan. C’est une rupture franche et profonde dans la structure du récif. A Fakarava, la passe nord est très large, plusieurs centaines de mètres. Ces entailles permettent de compenser l’effet de remplissage du lagon engendré par la houle du large. Ces passes sont donc sujettes à de forts et violents courants. Il peut alors se former des vagues importantes juste à ce niveau. Il faut donc bien choisir son moment en fonction de la marée, du vent et du courant. Philippe se sent très à son aise avec sa longue expérience de nav dans le golfe du Morbihan.

On vous embrasse.