Paul et Hermine en balade (article 117)

De Hao aux Gambier, Paul et Hermine sont venus partager notre aventure sur Kermotu.

Après une arrivée calme et ensoleillée, nous avons vécu un coup de vent mémorable et tellement inattendu, qu’il aurait bien pu entraîner la fin du voyage.

Mais la chance est avec nous et nous avons pu prendre la mer vers les Gambier. La navigation a duré 4 jours plus ou moins agréable… mais quel plaisir de retrouver ce merveilleux archipel.

Voilà un petit récapitulatif sympathique des vacances de nos enfants.

On vous embrasse.

Hao, et ses cocos… (escale116)

HAO, l’île de l’Arc ou l’île de la Harpe du fait de sa forme, se trouve au beau milieu de l’archipel des Tuamotu. C’est le quatrième plus grand atoll de cet archipel après Rangiroa, Fakarava et Makemo. Son lagon couvre une superficie de 720 Km².

C’est une île à part par son histoire car à partir de 1964, Hao devient la base reculée des essais nucléaires et verra alors un apport incroyable de capitaux qui modifiera complètement son développement. La population passe de 195 à 1450 habitants en plus les 3000 résidents de la base du Centre d’Exploitation de Pacifique (CEP). Avec toutes les infrastructures qui vont avec, c’est un bouleversement total pour cet atoll.

Quand tout s’arrête en 1996 avec le départ des militaires, c’est le chaos économique, Hao devient une île sinistrée : chômage, camion, hangar, caserne et bâtiments à l’abandon. La population locale ne peut pas entretenir. En 2000, l’armée revient nettoyer une partie des terrains qu’elle avait occupés, mais ce qu’elle a laissé pour la population est très peu entretenu et se transforme vite en ruine.

Malgré cela, on a trouvé le village d’Otepa, bien joli et une population très accueillante. Nous avons navigué tout au sud de l’atoll, vers l’ancien village de Nake où nous avons eu la chance de rencontrer Nefi et Sylvia, des coprah-culteurs qui nous ont partagés les secrets de leur métier. Nous voulions voir aussi la fameuse tombe du dernier roi de Hao qui mesurait, paraît-il, 7 mètres de haut …

Sylvia nous avait donné rendez-vous au village pour voir la vente de leurs sacs de Coprah. Une fois par mois, les travailleurs se retrouvent sur le quai. Les sacs sont pesés après que la qualité du séchage ai été vérifiée. Les coprah-culteurs seront payés à l’issu de cette journée. C’est un travail dur mais chacun est payé en fonction de son propre travail et surtout cela permet de rester sur son île en touchant suffisamment pour vivre correctement.

On vous embrasse.

Amanu, tout y est doux! (escale 115)

Après trois jours de navigation entre les iles des Tuamotu, Kermotu jette l’ancre dans un des plus petit atolls dans lequel les voiliers peuvent entrer. La passe est longue et étroite. Il faut bien-sûr attendre le bon moment pour la franchir, mais cela se passe plutôt bien malgré quelques erreurs de positionnement sur notre GPS.

Nous sommes attendus par Bertrand et Lucia, qui nous aide à entrer dans la minuscule darse du village. Celle-ci a pourtant été agrandie à coup de barre à mine mais les rochers affleurent et le passage reste vraiment très délicat.

Nous faisons quelques emplettes dans le magasin du village, où nous commandons directement derrière un guichet, et nous partons faire le tour du village. C’est un petit village collé à la passe, qui permet de surveiller l’arrivée et la sortie des bateaux. Des pêcheurs nous expliquent leur technique pour éviter les attaques de requins lors des sorties de pêches et cela ne nous empêche pas de plonger admirer les coraux, tout en surveillant autour de nous…

Nous ne resterons que peu de temps car nous avons hâte de retrouver nos amis des Gambier.

On vous embrasse.

Makemo, que du beau… (escale 114)

Troisième atoll en taille après Rangiroa et Fakarava, l’île s’étend sur 65 km de longueur et 5 à 8 km de largeur. La majeur partie de la population est rassemblée au village de Pouheva situé sur le côté droit de la passe d’Arikitamiro.

Nous avons choisi de rentrer dans le lagon par la passe nord-Ouest, Tapuhiria où nous avons pris une nuit de repos après notre navigation. Complètement désert à part quelques locaux qui viennent passer le week-end au motu. Puis nous avons entamé une longue descente le long des motu pour arriver au village. Au quai, déjà amarrés, deux bateaux Français. Nous décidons de les rejoindre et nous nous amarrons. Cela fait bien longtemps que nous n’avions pas vu de quai de si près, mais c’est bien pratique pour l’accès au village. Comme d’habitude, nous partons nous dégourdir les jambes en visitant le tranquille village de Pouheva. Quelques courses et un repas au snack pour le plaisir de manger des frites !! Le Fare artisanal est ouvert et nous admirons la belle collection de colliers coquillages et les costumes du dernier Heiva qui décorent les murs du fare.

La rencontre avec les deux autres voiliers se solde par des apéros classiques et nous décidons de naviguer jusqu’au bout du lagon. Nous y découvrons un snorkeling incroyable. Un champ de petites patates recouvertes d’un corail unique et violet. Le décor est majestueux et nous hypnotise.

Mais l’heure du départ sonne déjà et nous choisissons une journée particulièrement calme pour quitter ce petit paradis. Le vent étant presque nul, on tente de sortir le drone qui nous offre alors des images inoubliables.

On vous embrasse.

Rangiroa, on y va… (escale 112)

Kermotu et son équipage continue sa découverte de l’archipel des Tuamotu, par l’atoll bien connu de Rangiroa.

Le lagon et les passes sont des lieux réputés de plongée sous marine. On y trouve beaucoup d’espèces comme les requins, les raies, les dauphins et toutes sortes de poissons tropicaux. L’atoll est un des plus grand par sa superficie, 80kms de long pour 32 kms de large. Le vent se lèvera fort pour notre première navigation dans le lagon et formera des vagues, dignes d’un véritable océan.

Nous poserons l’ancre à l’ouest de l’atoll, devant une curiosité locale appelée Feo, c’est l’îlet aux récifs, une formation coralienne fossile. Nous resterons visiter les motu aux alentours. Certains sont habités de temps en temps par les coprahculteurs, d’autres sont aménagés pour les touristes qui viennent y déguster la cuisine locale tout en profitant de la baignade dans des eaux translucides.

Beaucoup de bateaux sont restés près du village et des passes et nous serons pratiquement seuls pour découvrir ces merveilles.

On vous embrasse.

Apataki (escale 111)

Kermotu et son équipage retournent dans le magnifique archipel des Tuamotu.

Nous avons quitté les iles de la société et navigué vers l’Est de la Polynésie pour continuer la découverte des nombreux atolls des Tuamotu. Le plus connu étant Rangiroa, nous nous arrêtons sur le chemin dans un atoll voisin : Apataki. Bien connu des navigateurs, c’est le seul atoll où l’on trouve un chantier naval permettant de sortir les bateaux au sec pour faire le carénage et autres travaux. Nous ferons nos curieux pour visiter ce chantier du bout du monde.

Nous ferons un autre stop-découverte près d’un joli motu carré qui porte le nom de Rua-Vahine (femme nue). A terre, nous rencontrons une gentille famille qui s’y est installée récemment. Ils vivent de la pêche et du jardin qu’il cultive. Ils nous invitent à venir voir Tara Hae, la déesse de la mer et du voyage, qui s’est matérialisée sur le motu par une sorte de sculpture de corail. Erani nous explique son histoire et nous propose de lui faire une offrande pour être protégé pendant le reste de notre voyage. L’offrande est une couronne de liane que l’on doit poser près de la Déesse. Vu que la navigation en Polynésie n’est pas toujours aisée, nous déposerons plusieurs couronne sur Tara Hae!!

Je profite de cet article pour vous souhaiter à tous, une très belle fête de Noël, remplie de joie et d’amour.

On vous embrasse.

Tikehau, c’est si beau ! (escale 105)

Nous prenons la décision de partir vers l’atoll le plus au nord-ouest de l’archipel des Tuamotu. Le sable y est, parait-il le plus rose de tout l’archipel. Donc cap au nord!

Après les grains et le vent fort du début de matinée, nous pouvons lever le spi pour le reste de l’après-midi, ce qui nous permet de maintenir une belle vitesse. Mais comme d’habitude, et pour plus de prudence, nous laissons peu de toile la nuit et forcément, la vitesse s’en ressent.

Au matin, nous apercevons la terre au loin, recouverte d’une sorte de buée qui s’intensifie de plus en plus. Ce sont les vagues qui déferlent violemment sur le reef qui produisent ce brouillard. Nous longeons la côte en surveillant la longue houle qui soulève Kermotu régulièrement. Le reef et son platier sont très visibles et nous sommes émerveillés par les couleurs qui scintillent sous le soleil.

Hélàs, nous arrivons une heure trop tard devant la passe et le courant sortant est déjà impressionnant. Comme il n’y a ni mascaret, ni des vagues trop grosses, Philippe décide de s’engager dans cette passe qui ne fait que 300 mètres. Les moteurs sont poussés à fond et malgré cela, Kermotu mettra 25 minutes pour la franchir. On gagne centimètres par centimètres mais on finit par passer ! Oufff on évite la nuit à tirer des bords devant la passe, pour attendre la prochaine fenêtre de passage !

Premier arrêt au village où on déambule pour le plaisir. Puis on navigue vers le nord de l’atoll pour visiter l’île aux oiseaux, où les Sternes Paradis et ceux à Tête Blanche font le bonheur des touristes. Nous avons le privilège d’y aller par nos propres moyens et donc d’y rester plus longtemps. Un très beau spectacle.

Puis paddle sur le platier qui nous permet de surfer la vague de l’ensachage. Nous revenons portés par le courant et faisons le tour de l’île d’Eden, fermée pour cause de Covid. Une petite communauté de chinois s’y sont installés et y vivent en complète autarcie. Nous irons leur acheter quelques légumes en respectant les distances de sécurité.

Dernière escale au motu de l’ancienne ferme perlière, au centre de l’atoll où les raies mantas viennent parfois se faire nettoyer. La chance est avec nous, car nous rencontrerons la reine du lagon dès notre première plongée. Nous resterons longtemps à la regarder évoluer doucement en glissant dans l’eau. Elle ne semble pas du tout gênée de notre présence alors nous essayons quelques figures d’approche. Magique !!

On vous embrasse.

Makatea, une expérience à renouveler (escale 104)

Encore un atoll dont on nous avait parlé comme Immanquable !

Isolé du reste de l’archipel des Tuamotu, à 270 kms au nord-est de Tahiti, Makatea a une histoire peu commune.

Tout d’abord sa géographie est étonnante. C’est un vaste plateau de 30km2, bordé de falaises de 80m de hauteur. Les falaises sont en fait le reste d’un récif barrière, alors que le plateau correspond à la cuvette de l’ancien lagon surélevé.

A la fin du 19ème siècle, une importante quantité de phosphate fut découverte, et cela entraîna la création d’une exploitation à grande échelle. Une ville champignon vit le jour pour loger les milliers de travailleurs chinois et leur famille. Les moyens industriels développés sont énormes et le phosphate devint la première ressource de la Polynésie.

En 1966, l’exploitation s’arrêta nette, et en deux mois, l’île fut désertée. Malheureusement beaucoup de matériels fut laissé et aujourd’hui encore, continue de rouiller sur place.

Nous avons eu la chance d’arriver alors qu’il restait une des trois bouées, de libre. Il est impossible de jeter l’ancre car les falaises se prolongent aussi dans l’eau et les profondeurs près de l’île sont énormes. Dès le lendemain matin, nous sortons les vélos pour faire notre premier tour-découverte de l’île et nous sommes immédiatement surpris par les ruines industrielles qui traînent dès le petit port. Mais arrivés en haut de la falaise, c’est encore plus impressionnant avec des locomotives, des rails et une multitude d’engins tout rouillés, perdus au milieu de la végétation qui essaie de reprendre sa place.

Nous finissons par arriver au petit village de Moumu où nous ne croiserons personne. On décide de continuer le chemin jusqu’à l’autre côté de l’île. La nature est très étrange, l’île est entièrement faite de têtes de corail et de trous profonds où la végétation pousse. Il est donc impossible de quitter la route sauf sur le chemin du belvédère où la grandeur du paysage est à couper le souffle. Après quelques photos, nous repartons et croisons sur la descente, Tapu, qui gère l’association d’escalade, crée l’année dernière. Il nous explique que la nature des falaises de Makatea est excellente pour développer ce sport, et nous propose une cession le lendemain. Nous sautons sur l’occasion, très contents de l’aubaine. Après une énorme descente, nous arrivons dans une cocoteraie magnifique, coincé entre la falaise et la mer. Nous roulons jusqu’au bout de la route pour découvrir ces drôles de falaises aux allures de visages fantomatiques… on nous expliquera plus tard que l’île s’est soulevée en trois fois et on comprend bien les différentes strates qui formaient les différentes parties de ces drôles de visages…

Le deuxième jour sera sportif et culturel grâce à Tapu qui nous fait vivre des moments intenses avec la voie-ferrata en haut des falaises et la descente en spéléologie dans les grottes . Un grand moment à ne rater sous aucun prétexte si vous passez par là ! Rdv sur le facebook de Makatea Escalade pour prendre contact avec lui. Le soir, nous aurons même l’honneur de diner à la table du maire et de visionner un vieux documentaire de Makatea à l’époque du CFPO (Compagnie Française des Phosphates Océaniques).

On vous embrasse.

Faaite, un arrêt mérité…(escale 99)

Toujours avec nos amis du bateau Mare, nous partons à l’assaut de Faaite, atoll connu pour diverses raisons.

La plus sportive est celle de sa vague qui se forme avec une houle du Sud. L’entrée dans la passe permet de bien la voir, de profiter des exploits des surfeurs locaux et de Yann qui n’a pas pu se retenir de l’affronter. Bravo à lui et on a même pu immortaliser un de ses tubes.

La plus terrible est celle du « bûcher ». Le drame s’y déroula en 1987. Très isolée géographiquement, la population croit encore fortement aux Tupapahu ou revenants, et tout événement est interprété sous un angle surnaturel. Tout se mélange à la religion chrétienne : La population reçut la visite de trois jeunes femmes se réclamant du Renouveau Charismatique lié à la religion catholique. En trois jours elles retournèrent les esprits et accréditèrent l’idée que le diable se cachait dans l’île. En l’absence du maire, quelques jeunes se croyant investis d’une mission divine jetèrent six personnes dans les flammes d’un bûcher sur la place du village. Tahiti fût alerté et 24 jeunes furent traduit en justice. Quelques peines de justice furent prononcées mais beaucoup regagnèrent leur île car l’économie de l’île toute entière était touchée par l’absence des principaux récolteurs de coprah et des pêcheurs.

Tout est rentré dans l’ordre à Faaite, mais la population ne peut oublier ce drame qui toucha chaque famille soit en tant que victime soit en tant qu’auteur de ces tragiques événements.

Nous nous sommes mis au quai où il n’y avait que la navette scolaire. Les deux bateaux rentraient juste devant et le courant de la passe était vraiment impressionnant, mais avec de bonnes amarres, et une manœuvre au millimètre, tout a bien tenu. L’accueil de la population locale a été formidable, on nous a accompagnés jusqu’à la mairie pour profiter d’un bon réseau wifi, puis à l’épicerie du village. Après le tour du village en vélo puis à pied, quelques courses indispensables, nous devons repartir et quitter nos amis qui repartent vers Tahiti.

Le courant sortant étant très fort, Kermotu a dû pivoter dedans pour se dégager du quai. Paul nous a fait une manœuvre impeccable et une fois dans le courant, on a été lancé comme une flèche.

On vous embrasse.