La petite Odyssée (escale 50)

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Pour la 50ème escale, le voyage de Kermotu a fait une légère entorse à sa chronologie. Les derniers équipages nous en voudront pas, j’espère, car ils ne perdent rien pour attendre, leur tour viendra bientôt. Mais là, Kermotu a vécu quelque chose de très nouveau et attendu depuis un certain temps.

Dans les rencontres entre bateaux, la question : «comment s’est passée votre transat ?» est une sorte de passeport du navigateur confirmé. Comme nous avons acheté le bateau directement en Martinique, nous n’avons pas fait cette longue traversée, et il nous manquait donc cette expérience de plusieurs nuits en mer. Voilà c’est chose faite !

La route des Bahamas a toujours été marquée dans le programme du voyage. Mais la période pour y naviguer sereinement est plutôt courte. Il faut éviter la saison des ouragans de juin à novembre mais également les Northers, vents violents et froids qui peuvent sévir jusqu’en mars et lever une mer très forte. Nous avions donc décidé de consacrer Avril et Mai à la découverte de ce grand et magnifique archipel.

Quelques jours de préparation à St Martin, Courses alimentaires pour quelques semaines car tout est très cher aux Bahamas, Révisions de quelques points importants du bateau, Achat de quelques pièces détachées introuvables ailleurs. Et surtout l’ acquisition du drapeau des Bahamas qui viendra flotter fièrement sur Kermotu, et nous accompagnera dans cette belle aventure.

Nous avons quitté la baie de Marigot, en fin d’après-midi pour passer l’archipel des Vierges Britanniques le lendemain matin et ne pas risquer de taper un caillou en pleine nuit. Puis les jours et les nuits se sont enchaînées avec un vent souvent très fort la nuit, et plus calme en pleine journée. Sans grand voile et avec 1/3 du génois, nous faisions encore des pointes à 7/8 nœuds. La houle importante ne nous a pas trop lâchée pendant tout le voyage et nous a beaucoup impressionnés.

Après deux nuits, la distribution des rôles était faite : Philippe restait aux commandes jusqu’à 3 ou 4 heures du matin puis Florence jusqu’au réveil de Philippe.

Kermotu a été nickel et nous a amenés à bon port après 5 jours de navigation, heure pour heure, et les belles conditions météo, nous ont donnés envie de poursuivre l’aventure.

On vous embrasse.