Maupiti, une île à part (escale 107)

Nous continuons notre navigation vers l’île la plus à l’Ouest de l’Archipel des îles de la société : Maupiti.

315km au nord-ouest de Tahiti, Maupiti est connue des navigateurs, pour sa passe d’entrée qui est longue et étroite. En cas de houle, l’entrée peut être très périlleuse voir très dangereuse et même interdite!

Les conditions météorologiques et surtout la hauteur de la houle, qui ne doit pas être supérieure à 1m50, doivent impérativement être respectés. C’est un lagon qui se mérite!

Nous avons donc choisi notre jour pour y arriver. Malgré cela, nous avons été très impressionnés avant de nous positionner face à la passe. Comme elle se trouve au sud du lagon et que nous la découvrons au dernier moment, les déferlantes qui longent le reef, ont failli nous décourager. C’est au dernier moment, quand on est bien dans l’alignement des bouées de chenal qu’on a entraperçu la possibilité de tenter notre chance.

Philippe, toujours bien maître de son navire, a réalisé une superbe performance. En quelques minutes, les vagues se calment et nous découvrons ce superbe lagon aux couleurs translucides.

Nous ne sommes restés que trois petits jours, trop courts pour bien découvrir cette jolie île. mais nous avons eu le temps de faire le tour (12km2) en vélo, de grimper en haut du sommet, le mont Teurafaatiu (372m) et de participer au four Tahitien organisé par les locaux pour récolter des fonds pour participer au Heiva de Tahiti.

Nous sommes repartis bien trop vite, confinement oblige … mais que de merveilleux souvenirs!

On vous embrasse.

Tahaa, l’île Vanille (escale 106)

Kermotu a élu domicile à Tahaa, l’île vanille dans l’Archipel de la Société. Nous sommes à 220kms à l’Ouest de Tahiti.

Tahaa est une île toute ronde avec des baies très profondes et des sommets (598m) recouverts d’une belle végétation luxuriante. Son lagon est commun avec l’île de Raiatea. Ce qui donne un beau terrain de jeu pour les voiliers.

Nous retrouvons d’ailleurs une grande population de touristes. Ces îles sont le paradis des hôtels de luxes et des compagnies de Charters. L’ambiance est très différente de celle des Tuamotu mais Tahaa n’ayant pas d’aéroport, est encore un peu préservée. Les jonctions avec Raiatea se font en bateau-taxi. Il y a une quinzaine d’année, un relais-château s’est installé sur un motu avec 60 bungalows et paillotes sur la plage. Le motu est juste à côté du jardin de corail très réputé pour sa faune et sa flore.

Un petit chemin permet de remonter jusqu’au Reef puis on se met à l’eau dans le Hoa, Il n’y a plus qu’à admirer les coraux tout en se laissant porter par le courant. C’est un vrai émerveillement pour les yeux : des coraux aux formes et couleurs si variés et plein de poissons qui ne sont plus trop timides tellement ils voient passer de monde.

Nous y avons embarqué nos visiteurs du moment Laurent et Erika et Vincent et Séréna.

La visite de l’île se poursuit par la visite des vanilleraies et des fermes perlières. les deux spécialités de Tahaa. La vanille est partout et représente environ 80% de la vanille vendue à Tahiti. Les fermes perlières produisent surtout pour vendre à leurs visiteurs.

Quelques pensions de famille à terre et deux motus transformés en petits hôtels de charme complètent la proposition de logement. Les prix assez prohibitifs et l’éloignement fait que Tahaa est restée assez authentique. On s’offrira quand même un déjeuner à la Pirogue Api sur le petit motu Moute pour fêter dignement nos 30 ans de mariage.

Mais notre coup de cœur ici est cette facilité d’ancrage tout autour de l’île. Le lagon est formé d’une énorme bande de sable devant les jolis motus. Les couleurs se révèlent alors sous le soleil et le spectacle est là, sous les quillons de Kermotu. Nous ancrons dans 2 ou 3 mètres d’eau sur du sable. Que du bonheur!

On vous embrasse

Tikehau, c’est si beau ! (escale 105)

Nous prenons la décision de partir vers l’atoll le plus au nord-ouest de l’archipel des Tuamotu. Le sable y est, parait-il le plus rose de tout l’archipel. Donc cap au nord!

Après les grains et le vent fort du début de matinée, nous pouvons lever le spi pour le reste de l’après-midi, ce qui nous permet de maintenir une belle vitesse. Mais comme d’habitude, et pour plus de prudence, nous laissons peu de toile la nuit et forcément, la vitesse s’en ressent.

Au matin, nous apercevons la terre au loin, recouverte d’une sorte de buée qui s’intensifie de plus en plus. Ce sont les vagues qui déferlent violemment sur le reef qui produisent ce brouillard. Nous longeons la côte en surveillant la longue houle qui soulève Kermotu régulièrement. Le reef et son platier sont très visibles et nous sommes émerveillés par les couleurs qui scintillent sous le soleil.

Hélàs, nous arrivons une heure trop tard devant la passe et le courant sortant est déjà impressionnant. Comme il n’y a ni mascaret, ni des vagues trop grosses, Philippe décide de s’engager dans cette passe qui ne fait que 300 mètres. Les moteurs sont poussés à fond et malgré cela, Kermotu mettra 25 minutes pour la franchir. On gagne centimètres par centimètres mais on finit par passer ! Oufff on évite la nuit à tirer des bords devant la passe, pour attendre la prochaine fenêtre de passage !

Premier arrêt au village où on déambule pour le plaisir. Puis on navigue vers le nord de l’atoll pour visiter l’île aux oiseaux, où les Sternes Paradis et ceux à Tête Blanche font le bonheur des touristes. Nous avons le privilège d’y aller par nos propres moyens et donc d’y rester plus longtemps. Un très beau spectacle.

Puis paddle sur le platier qui nous permet de surfer la vague de l’ensachage. Nous revenons portés par le courant et faisons le tour de l’île d’Eden, fermée pour cause de Covid. Une petite communauté de chinois s’y sont installés et y vivent en complète autarcie. Nous irons leur acheter quelques légumes en respectant les distances de sécurité.

Dernière escale au motu de l’ancienne ferme perlière, au centre de l’atoll où les raies mantas viennent parfois se faire nettoyer. La chance est avec nous, car nous rencontrerons la reine du lagon dès notre première plongée. Nous resterons longtemps à la regarder évoluer doucement en glissant dans l’eau. Elle ne semble pas du tout gênée de notre présence alors nous essayons quelques figures d’approche. Magique !!

On vous embrasse.

Makatea, une expérience à renouveler (escale 104)

Encore un atoll dont on nous avait parlé comme Immanquable !

Isolé du reste de l’archipel des Tuamotu, à 270 kms au nord-est de Tahiti, Makatea a une histoire peu commune.

Tout d’abord sa géographie est étonnante. C’est un vaste plateau de 30km2, bordé de falaises de 80m de hauteur. Les falaises sont en fait le reste d’un récif barrière, alors que le plateau correspond à la cuvette de l’ancien lagon surélevé.

A la fin du 19ème siècle, une importante quantité de phosphate fut découverte, et cela entraîna la création d’une exploitation à grande échelle. Une ville champignon vit le jour pour loger les milliers de travailleurs chinois et leur famille. Les moyens industriels développés sont énormes et le phosphate devint la première ressource de la Polynésie.

En 1966, l’exploitation s’arrêta nette, et en deux mois, l’île fut désertée. Malheureusement beaucoup de matériels fut laissé et aujourd’hui encore, continue de rouiller sur place.

Nous avons eu la chance d’arriver alors qu’il restait une des trois bouées, de libre. Il est impossible de jeter l’ancre car les falaises se prolongent aussi dans l’eau et les profondeurs près de l’île sont énormes. Dès le lendemain matin, nous sortons les vélos pour faire notre premier tour-découverte de l’île et nous sommes immédiatement surpris par les ruines industrielles qui traînent dès le petit port. Mais arrivés en haut de la falaise, c’est encore plus impressionnant avec des locomotives, des rails et une multitude d’engins tout rouillés, perdus au milieu de la végétation qui essaie de reprendre sa place.

Nous finissons par arriver au petit village de Moumu où nous ne croiserons personne. On décide de continuer le chemin jusqu’à l’autre côté de l’île. La nature est très étrange, l’île est entièrement faite de têtes de corail et de trous profonds où la végétation pousse. Il est donc impossible de quitter la route sauf sur le chemin du belvédère où la grandeur du paysage est à couper le souffle. Après quelques photos, nous repartons et croisons sur la descente, Tapu, qui gère l’association d’escalade, crée l’année dernière. Il nous explique que la nature des falaises de Makatea est excellente pour développer ce sport, et nous propose une cession le lendemain. Nous sautons sur l’occasion, très contents de l’aubaine. Après une énorme descente, nous arrivons dans une cocoteraie magnifique, coincé entre la falaise et la mer. Nous roulons jusqu’au bout de la route pour découvrir ces drôles de falaises aux allures de visages fantomatiques… on nous expliquera plus tard que l’île s’est soulevée en trois fois et on comprend bien les différentes strates qui formaient les différentes parties de ces drôles de visages…

Le deuxième jour sera sportif et culturel grâce à Tapu qui nous fait vivre des moments intenses avec la voie-ferrata en haut des falaises et la descente en spéléologie dans les grottes . Un grand moment à ne rater sous aucun prétexte si vous passez par là ! Rdv sur le facebook de Makatea Escalade pour prendre contact avec lui. Le soir, nous aurons même l’honneur de diner à la table du maire et de visionner un vieux documentaire de Makatea à l’époque du CFPO (Compagnie Française des Phosphates Océaniques).

On vous embrasse.

Méli-mélo aux Gambier (escale 103)

Notre séjour aux Gambier touche à sa fin et nous ne regretterons jamais cette escale. On la classe sans hésiter dans le top 3 de notre voyage.

Peut-être de par son éloignement du reste de la Polynésie, ou par la petite taille de cet archipel ou par la variété de ses paysages et de sa flore et sûrement aussi par nos rencontres inoubliables, autant à terre avec les habitants locaux que sur l’eau avec les voileux.  

Nous avons… 

  randonné dans les forêts et les montagnes magnifiques

  fait du vélo autour de l’île principale, Mangareva,

  glissé en planche, en kite et en wing sur des lagons aux couleurs cristallines,

admiré des couchers de soleil à pleurer de beauté

  mangé des fruits exotiques à gogo,

  rigolé avec les amis et régalés de cochon grillé ou de la pêche du jour,

  navigué sur de petites distances et toujours sur une mer parfaitement plate,

  découvert l’histoire et la patrimoine architectural unique de cet archipel,

  rencontré de nouveaux bateaux-copain et retrouver avec joie les anciens,

  visité le lycée avec sa classe de gravure sur nacre.

Nous nous sommes…

  essayés à la pêche aux langoustes et aux crabes,

  passionnés pour la culture du trésor des Gambier : la perle noire,

entraidés dans l’entretien du bateau ou la confection de nouvelles pâtisseries,

Et plus que tout, nous nous sommes…

émerveillés de la gentillesse et de la générosité des habitants des Gambier.

Notre séjour se terminera par la visite du lycée avec sa classe de gravure sur nacre. Arrivés au beau milieu du travail, nous sommes immédiatement pris en charge par un élève qui va répondre à nos questions et va nous montrer son propre travail ainsi que celui de ces camarades. Le professeur va également intervenir pour nous expliquer la difficulté des jeunes à se lancer dans cette voie malgré leur haute qualification.

Je trouve enfin, une partie du cadeau que je prévois de faire pour la belle réussite au Master en Physique des Matériaux de Xavier et de façon complètement inattendue, le jeune qui l’a fabriqué avec soin, se lance dans une magnifique dédicace qui me fera venir les larmes aux yeux…

On vous embrasse.

Patrimoine aux Gambier (escale 102)

l’archipel des Gambier fut peuplé entre 900-1200 par d’intrépides navigateurs de l’archipel de la société, des Tuamotu, des Marquises et des îles Cook. Puis en 1797, le nom de Gambier fut donné par une expédition Anglaise en route vers Tahiti. C’est en 1826 que le premier européen posa le pied sur l’île.

Les pères Laval et Caret, missionnaires catholiques quittent Bordeaux le 22 janvier 1834 à bord du Sylphide pour Valparaiso. Ils arrivent aux Gambier le 7 août 1834 après un voyage de plus de 6 mois. Ils débarquèrent sur l’île d’Aukena. Le père Laval restera 36 ans aux Gambier.

L’accueil à leur arrivée est assez froid. Ils persévèrent et assurent quelques soins aux indigènes malades. Ils furent ainsi vite adoptés et convertirent tous les insulaires d’Aukena. Mangareva les reçût avec des pierres et c’est encore grâce à des soins prodigués au fils d’un chef qu’ils purent poursuivre leur évangélisation. En quelques années, tout l’archipel était catholique.

Les missionnaires entreprirent alors l’amélioration des conditions matérielles des insulaires. De nouvelles cultures sont introduites ainsi que du bétail, les logements sont améliorés. Ils commencent aussi leur œuvre de construction : églises, routes, port, couvent, presbytère, écoles, collège, fours à pain, puits, prison, tour de guet, etc.

mais en même temps que ces constructions, les pères vont détruire les marae, les idoles et tiki à coups de marteau et de pioche. Les populations des autres îles furent déportées vers Mangareva pour la réalisation de ces travaux. On a recensé 116 édifices antérieurs à 1900. Hélas cela s’accompagna d’un dramatique déclin de la population : 2141 habitants en 1838, plus que 446 en 1885.

De ce passé subsiste un patrimoine historique et religieux hors du commun qui constitue un des principaux atouts touristiques de l’archipel.

On vous embrasse

Mangareva, on est bien là-bas. (escale 101)

Tout au Sud-Est de la Polynésie Française, se trouve le petit archipel des Gambier.

Dans un même lagon de 90 kilomètres de circonférence, sont regroupés les quatre îles principales : Mangareva, Taravai, Aukena et Akamaru, une dizaine d’îlots et un certain nombre de motu.

Pour arriver aux Gambier, nous avons navigué 620 miles nautiques en partant de Makemo, atoll des Tuamotu, soit 4 jours avec une arrivée un peu osée car de nuit mais encadrée par un bateau-copain les Thetys, qui ont eu la gentillesse de venir nous attendre et nous ont montré le chemin jusqu’au lieu de mouillage devant le village.

Quelle belle surprise le matin suivant, de découvrir cette belle île de Mangareva.

Mangareva est l’île la plus grande (15,4 km2) et peuplée par la majorité de la population qui se regroupe essentiellement dans la ville principale : Rikitéa (environ 700 habitants) et Taku (environ 100 habitants ) Deux sommets, le mont Duff et le Mokoto bordent la partie Est de l’île.

Nous sommes émerveillés par l’abondance et la variété de la végétation. C’est tellement différent des Tuamotu qui ne sont riches qu’en cocotiers. Ici tous les arbres fruitiers poussent dans les jardins et dans la montagne aussi. Nous décidons donc de nous élever et de partir randonner sur le mont Mokoto. Thierry, rencontré à Makemo et embarqué sur Kermotu est de la partie.

Après avoir traversé une forêt de pins gigantesques, ramassé des framboises qui finiront en tarte, et grimpé le long de cordes, nous arriverons au sommet qui nous offre une vue dégagée sur tout l’archipel. Nous sommes hypnotisés par la Grandeur et la Beauté de ce paysage. Quelle belle entrée en matière !!

On vous embrasse.

La Pêche au Trésor (escale 100)

C’est dans l’archipel des Gambier, au Sud-Est de celui des Tuamotu que l’on fera cette pêche incroyable.

Nous avons rencontré Ruita (Louise) et Rémy. Un couple de perliculteurs vivant sur un bateau entre la grande ile d’Akamaru et celle de Mekiro. Nous avons beaucoup sympathisé avec ces deux belles personnes et avons eu envie de leur donner un coup de main pour leur dernière récolte de perles.

Ils font ce métier depuis de nombreuses années mais la difficulté du métier et surtout la chute des cours de la perle les font prendre un autre chemin. Après la récolte des dernières nacres, ils se consacreront entièrement à la culture de la vanille.

Après avoir visité quelques fermes perlières dans les atolls des Tuamotu, nous avions quelques notions superficielles et maintenant, y mettre vraiment les mains nous démange et nous avons trouvé le lieu idéal à Akamaru avec Ruita et Rémy.

Le travail commence dès 6h du matin où nous nous rendons sur les stations (lignes sous-marine sur laquelle sont attachés les sacs de nacres). Le lagon des Gambier est très ouvert sur l’océan et l’eau bien renouvelée permet aux nacres de bien grandir.

Rémy nous amène directement au bon endroit et se prépare à plonger. Les sacs de nacres sont suspendus entre 2 et 10 mètres de profondeur. Ils contiennent chacun entre 10 et 20 nacres. Nous restons dans le bateau pour réceptionner les sacs. Nous sortirons chaque jour entre 50 et 75 sacs. Une fois le compte dans le bateau, nous partons pour la station de lavage, où chaque sac sera karchérisé, ouvert et vidé. Les nacres seront débarrassées de leurs algues et coquillages et rangées dans des bacs que l’on empilera à nouveau dans le bateau puis à terre.

Après avoir vidé et nettoyé le bateau, nous retournons à terre pour une pause bien méritée.

Le travail reprend avec l’ouverture des nacres. Attention à ne pas donner un coup de couteau au mauvais endroit ce qui pourrait endommager la perle. Rémy est un chef dans le domaine et Philippe l’aide au mieux. On sépare les deux coquilles qui seront vendues pour la nacre. On récupère aussi le Korori, le muscle du pied qui se mange comme une coquille St Jacques.

J’ai choisi le plus chouette du travail. Je récupère la coquille et recherche une poche translucide qui contient le fameux Trésor : une magnifique perle. Il faut écraser la poche pour faire sortir délicatement le travail de dix-huit mois : la perle apparaît alors et c’est la surprise de la forme, de la couleur, du lustre. A chaque fois, c’est l’émerveillement.

On collecte toutes les perles dans un grand plat et c’est un vrai plaisir de les remuer et les faire s’entrechoquer doucement pour faire ressortir leur couleur et leur brillance. Elles sont toutes différentes, uniques. C’est magnifique.

Ce fût une merveilleuse expérience de pouvoir participer à ce travail, nous ne remercierons jamais assez nos deux nouveaux amis, Ruita et Rémy et nous leur souhaitons une bonne continuation et une belle réussite dans la vanille. Nous ne les oublierons jamais.

On vous embrasse.

Faaite, un arrêt mérité…(escale 99)

Toujours avec nos amis du bateau Mare, nous partons à l’assaut de Faaite, atoll connu pour diverses raisons.

La plus sportive est celle de sa vague qui se forme avec une houle du Sud. L’entrée dans la passe permet de bien la voir, de profiter des exploits des surfeurs locaux et de Yann qui n’a pas pu se retenir de l’affronter. Bravo à lui et on a même pu immortaliser un de ses tubes.

La plus terrible est celle du « bûcher ». Le drame s’y déroula en 1987. Très isolée géographiquement, la population croit encore fortement aux Tupapahu ou revenants, et tout événement est interprété sous un angle surnaturel. Tout se mélange à la religion chrétienne : La population reçut la visite de trois jeunes femmes se réclamant du Renouveau Charismatique lié à la religion catholique. En trois jours elles retournèrent les esprits et accréditèrent l’idée que le diable se cachait dans l’île. En l’absence du maire, quelques jeunes se croyant investis d’une mission divine jetèrent six personnes dans les flammes d’un bûcher sur la place du village. Tahiti fût alerté et 24 jeunes furent traduit en justice. Quelques peines de justice furent prononcées mais beaucoup regagnèrent leur île car l’économie de l’île toute entière était touchée par l’absence des principaux récolteurs de coprah et des pêcheurs.

Tout est rentré dans l’ordre à Faaite, mais la population ne peut oublier ce drame qui toucha chaque famille soit en tant que victime soit en tant qu’auteur de ces tragiques événements.

Nous nous sommes mis au quai où il n’y avait que la navette scolaire. Les deux bateaux rentraient juste devant et le courant de la passe était vraiment impressionnant, mais avec de bonnes amarres, et une manœuvre au millimètre, tout a bien tenu. L’accueil de la population locale a été formidable, on nous a accompagnés jusqu’à la mairie pour profiter d’un bon réseau wifi, puis à l’épicerie du village. Après le tour du village en vélo puis à pied, quelques courses indispensables, nous devons repartir et quitter nos amis qui repartent vers Tahiti.

Le courant sortant étant très fort, Kermotu a dû pivoter dedans pour se dégager du quai. Paul nous a fait une manœuvre impeccable et une fois dans le courant, on a été lancé comme une flèche.

On vous embrasse.

Tahanea, on ne t’oubliera pas… (escale 98)

created by Kermotu

Dernier volet sur cet atoll que l’on gardera comme l’un des plus beaux des Tuamotu, grâce à des conditions climatiques un peu exceptionnelles et aux rencontres inoubliables.

La gentillesse et la générosité des travailleurs du Coprah, la facilité de ces rencontres et la découverte d’une vie tellement différente de nos vies d’Européens. Larani, Nico et Tearai ont partagé leur façon de vivre, de travailler, de se nourrir avec simplicité et bonheur.

Nous avons aussi rencontré un adorable jeune couple de Français qui ont profité du confinement à Tahiti, pour finir leur année sabbatique, en achetant un petit voilier et partir naviguer dans les Tuamotu. Une chance pour nous de les rencontrer dans cet endroit idyllique, et passer du temps ensemble.

Cet atoll a un immense lagon de 50 km de long et 20 km de large, peu de terres émergées qui sont exploitées en Coprah par les habitants de l’atoll voisin : Faaite. Sinon, il est totalement inhabité depuis de nombreuses années.

On vous embrasse.