Les Exumas : Georges Town (escale 59)

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Nous quittons les Family Islands pour entrer dans Les Exumas. Plus central dans l’archipel des Bahamas, Les Exumas sont composés de 365 îles et îlots, pour la plupart désertiques et inhabités sur environ 230 km de longueur et à 65 km au sud de Nassau.

Georges Town est la capitale administrative et économique de cet archipel. Nous y ferons une grande halte pour refaire un plein de produits frais et visiter. Le supermarché local est très bien achalandé avec des prix plutôt corrects, si on fait attention. Tout y est fait pour les bateaux, le ponton à annexe est juste derrière le magasin et équipé d’un robinet d’eau potable mis à disposition gratuitement. Nous avons trouvé un petit marché de producteurs locaux, hélàs trop peu nombreux… mais nous y avons acheté les meilleures bananes jamais goûtées! Miamm..

La ville entoure un étang appelé lac Victoria, on accède par un petit tunnel où selon la marée, on se fait bien arroser. La vie s’écoule au ralenti dans ce petit port, si ce n’est l’activité des nombreux bateaux de plaisance et quelques bateaux de commerce.

Nous y retrouvons Yann qui navigue seul sur Andlen et nous ferons la connaissance des autres Français du coin : Brigitte et Daniel sur Karkaïla. Nous allons tous ensemble déguster la spécialité locale : la salade de conque. Le must est de le faire sur la plage privée de « Chat and Chill » … envahie par les américains… Mais le spectacle est à la hauteur grâce à notre super cuisinier qui ouvre, épluche, rince, coupe, et ajoute légumes et fruits. Tout ça avec le sourire. Nous dégustons nos « tropical salad », devant l’autre spectacle des raies pastenagues qui se régalent des épluchures données par les touristes. Elles sont presque apprivoisées et s’approchent tout près sans aucune crainte.

Après trois jours, nous partons à la découverte des premières îles du sud des Exumas. L’archipel est tout en longueur, côté Est, c’est l’océan atlantique et coté Ouest, c’est le Bank : un plateau de sable où les hauteurs d’eau sont très variables (entre 0 et 5 mètres). Deux possibitités de navigation, en fonction des lieux. l’idéal est de rester sur le bank en faisant attention où on met les quillons, la mer est très calme et les couleurs sont incroyables. Mais le passage n’est pas toujours possible et on doit ressortir en mer pour rentrer plus loin par des passages mouvementés, étroits et caillouteux : les Cuts. Pour cette première, c’est ce que l’on est obligé de faire et le passage du cut a été un peu angoissant mais la cartographie étant très fiable, on a pu retrouver Yann ancré devant Children bay Cay.

On vous embrasse.

Ps : au moment où j’écris, nous sommes à Ste Anne en Martinique. Nous avons passé une semaine fatiguante à courrir d’un bureau à l’autre entre les différents entreprises de réparation, l’assurance et la recherche d’une place sécurisée pour laisser Kermotu, le temps de rentrer un peu en France. Nous avons à peu près finalisé cela et comptons rentrer bientôt. Tout va bien mais on a toujours des incertitudes concernant l’assurance.

 

Family Island : Long Island (escale 58)

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Après Mayaguana et Plana Cay, nous arrivons à Long Island. Comme son nom l’indique, elle est longue de 128km pour seulement 6 de large (3000 habitants). Nous l’accostons en contournant la pointe nord où se trouve le Colombus monument, obélisque de 4.5 mètres de haut qui commémore le débarquement des conquistadores en 1492.

Nous ancrons dans une baie qui nous laisse pantois d’admiration : Calabash Bay. L’eau y est encore plus cristalline et les tons de bleus se sont encore multipliés. nous y resterons 3 jours pour en profiter et visiter le nord de l’île. Le départ est encore plus difficile que les autres fois mais nous avons vraiment envie de découvrir les fameux trous bleus et à Long Island, se trouve le plus profond au monde.

Nous levons l’ancre direction le sud de l’île vers Clarence Town. Ancienne plus grande ville de l’île, c’est devenu un village vivant autour de deux magnifiques églises. St Paul, l’Anglicane et St Pierre, la catholique. Les deux ont été construite par le même frère Jérome Hawes. Anglican pour St Paul, il s’est converti au catholicisme et a donc construit St Pierre!  Une  visite de la ville nous permet de faire quelques emplettes. Nous tombons juste sur une arrivée de bananes qui tombe à pic !!

La journée surprise viendra lors de la visite de Dean’s blue Hole. Lieu mythique où se sont affrontés les plus grands apnéistes du monde entier. A 5 kms de Clarence Town, nous nous y rendons en annexe, malgré une arrivée à négocier au milieu des déferlantes…

Mais sur la plage, une incroyable surprise nous attend ! Nous y rencontrons Riley, Elayna et leur bébé Lenny. Un couple d’Australiens qui vivent en bateau depuis 5 ans et dont le blog est suivi par énormément de gens passionnés de voyage. Paul nous les a fait découvrir, il y a quelques années maintenant et ils ont contribués, sans le savoir à notre désir de vivre cette même aventure. Je vous conseille d’y jeter un petit coup d’oeil sur YouTube : Sailinglavagabonde. Nous avons été tellement surpris et heureux de les rencontrer que j’en ai oublié mon téléphone sur la plage !!! ce fût une belle rencontre dans un lieu inoubliable.

On vous embrasse.

PS : à l’heure où j’écris, nous avons bien avancé. Après avoir attendu 4 jours aux USvi une accalmie de vent, nous sommes partis vers St Martin que nous avons rallié en 22h de moteur. Les vagues et le clapot ne nous ont pas épargnés et nous sommes arrivés bien fourbus. Nous avons pu acheter les pièces nécessaires pour réparer le moteur. Nous avons donc, enfin, deux moteurs en état de marche!!!  L’expert est passé voir le bateau et parle d’une raisonnance malheureuse entre la mer et le bateau (comme les soldats au pas qui font s’effondrer le pont sur lequel ils marchaient). Il a déjà vu cela sur un autre bateau. Nous avons pû reprendre notre voyage de tortue, en direction de la Martinique. Nous faisons des hâltes régulières pour laisser reposer les moteurs, et surveillons bien la direction du vent et la hauteur de la houle pour ne pas être trop secoués. Notre route étant plus Sud qu’avant, la navigation est un peu plus confortable car nous prenons les vagues de travers et plus de face.

Family Islands, les sauvages…(escale 57)

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Le Voyage de Kermotu est arrivé aux Bahamas après la petite odyssée de 5 jours dans l’Océan Atlantique Nord. Nous entrons par une des îles les plus au sud : Mayaguana. La totalité de l’archipel des Bahamas représente environ 800 kms, 700 îles et 2300 îlots. Il faudrait plusieurs années pour tout visiter. Nous resterons dans les family Islands, au sud puis nous remonterons Les Exumas jusqu’à la Capitale Nassau.

L’entrée dans le lagon de Mayaguana (rare île à avoir gardé son nom indien) reste un moment fort de notre voyage ! Le beau temps est de la partie et donne à l’eau une palette infinie dans les tons bleus qui nous laissent sans voix. La taille du lagon à traverser jusqu’au village laisse le temps pour se remettre de nos émotions. Mais c’est l’extase…. on a jamais vu cela avant et nous sommes dans un état second en débarquant en annexe sur le petit ponton. De terre, les couleurs sont encore plus incroyables et les quelques habitants du village en ont ajouté une couche sur les arbres et à côté pour rendre le lieu encore plus féerique. Nous resterons 2 jours pour faire les papiers d’entrée sur le territoire Bahamien et visiter le petit village où vivent une centaine de personnes. Une impression de « boût du monde » commence très nettement à faire surface et ce n’est pas pour nous déplaire…

Mais si on veut visiter plus, il faut avancer. Notre route nous conduira vers Plana cay. Deux îlots inhabités qui nous permettent de faire escale la nuit avant de rejoindre Long Island. Les distances entre chaque groupe d’ïles sont importantes et correspondent à une belle journée de navigation voire la nuit en plus. Nous débarquons sur cette jolie île toute plate et là encore, nous sommes saisis par la beauté de ces paysages abandonnés. Nous décidons de rester une journée de plus. Chaque départ est accompagné d’un pincement au coeur. On aimerait rester plus longtemps mais on a déjà tellement de chance d’être là!!

On vous embrasse.

Ps : A l’heure où j’écris, nous sommes aux USvi, sur la route vers St Martin. Sans voile, la route devient très longue! Après 4 jours de mer pour rejoindre directement Porto Rico des Bahamas, nous avançons très lentement pour ne pas trop fatiguer les moteurs. Nous avons longé la côte sud de Porto Rico et avons rejoint Les Vierges Américaines où nous attendons, maintenant, de bonnes conditions météo pour atteindre St Martin. Il y a 80 Miles nautiques à faire. Avec vagues et vent contre nous, nous avançons à 2 nds soit 40 heures de navigation. Le we prochain est annoncé plus calme, nous espèrons donc avancer à 3/4 nds, ce qui réduirait le passage à un jour et une nuit. Nous devons y rencontrer l’expert de notre assurance. Le moral est là malgré la peur au ventre encore un peu présente.

 

Et l’impensable arriva… (Article 56)

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Le voyage de Kermotu prend un virage à 180°!

L’article 56 et les suivants devaient vous partager la beauté des paysages découvert aux Bahamas. Bien-sûr ce n’est que partie remise MAIS….

Kermotu a démâté!!!

Hier matin, en naviguant tranquillement vers notre mouillage dans le lagon de Mayaguana, le ciel magnifique, un vent faible de 13 noeuds nous faisait avancer à 5 noeuds. Comme nous arrivions sous le vent de l’île, la mer était calme à légèrement agitée. Nous étions au poste de pilotage à admirer la côte qui se dessinait devant nos yeux.

En quelques secondes incompréhensibles, le mât se met à basculer directement dans l’eau, entrainant les voiles et la bôme. Les haubans, les écoutes, les drisses et tous les boûts se mettent en tension. Le temps que l’on comprenne ce qui se passe et que l’on réagisse paraît bien court et long à la fois. Comment est-ce possible? Que doit-on faire?….

Pour moi, il n’y a pas d’autre choix que de laisser le gréement tomber à l’eau. Plus des 3/4 y était déjà et nous n’avions pas la force physique pour remonter cette énorme poutre. Comme il était encore retenu par les haubans, cela tapait contre la coque et risquait de provoquer une voie d’eau. Munis de scies et de pinces, nous avons scié tous les boûts puis les haubans. Cela nous a pris une petite demi-heure. Comme tout était en tension, nous devions faire attention à ne rien recevoir et ne pas se faire emporter.  Tout le gréement a fini par s’enfoncer  et nous sommes restés impuissants et tristes à regarder la danse des voiles dans la mer puis plus rien…. Par 1000 mètres de fond, le poids du mât et de la bôme a réglé le problème en quelques secondes.

Nous nous sommes pris dans les bras, l’un l’autre, choqués par la rapidité et la violence de ce qui venait de se passer. L’aventure venait de changer de cap…

Dans notre malheur, nous avons eu beaucoup de chance. Le bimini pare-soleil, a protégé ma tête lors de la chute. Le mât a basculé sur le côté du bateau sans abimer les panneaux solaires, ni les bossoirs, ni l’annexe. Les moteurs n’ont rien subi et les hélices non plus. La coque a eu quelques rayures mais sans gravité. Nous avons donc toujours un bateau qui flotte et de quoi le ramener au chantier en Martinique. Philippe a pu rebrancher le pilote automatique et l’Ais. Nous avons encore la VHF portable et les feux de navigation fonctionnent.

Nous commençons à digérer l’évènement et nous allons profiter d’une fenêtre météo favorable pour reprendre la mer :  quelques jours de vent faible à très faible qui permettent de rendre la mer plus plate. Tributaire du niveau d’essence, nous serons obligés de faire des arrêts réguliers pour remplir le réservoir. Turk et Caïcos, La République Dominicaine, Puerto Rico, les Vierges Américaines ou Anglaises puis Guadeloupe et Martinique. On prévoit un périple d’une dizaine de jours en priant que les moteurs ne nous lâchent pas.

On vous embrasse.

 

 

 

 

Iles du Nord, Amis d’abord… (escale 55)

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Kermotu repart de Guadeloupe avec 2 nouveaux équipiers, nos chers amis : Claire et Hubert. Nous entamons notre montée vers le nord des petites Antilles avec un passage devant Montserrat, île éprouvée par l’éruption de son volcan en 1995. Heureusement bien informés, les habitants ont été évacués à temps mais la capitale à été recouverte de cendres et de roches. C’est devenue une zone interdite. Nous longerons ces côtes, impressionnés par la force et la beauté qui se dégagent de ce volcan. Toujours actif, nous assisterons même à quelques « soubresauts » fumeux qui nous ferons passer notre chemin.

La navigation nous amène aux îles de St Kitts et Nevis où nous resterons moins de temps que prévu, mais assez pour dîner sur la plage d’une marina de luxe qui se construit dans le sud de St Kitts. Le soleil radieux qui nous accompagne, illumine la beauté de ces îles. On ne peut qu’admirer !

Puis c’est au tour de la belle île de Saint Barthélémy et de son luxe incroyable. Nous ancrons au nord de l’île, dans la très jolie baie du Grand Colombier et nous rejoignons à pied la ville principale de Gustavia. Une belle balade qui nous fait passer devant son inimaginable aéroport. Laurent a bien failli y laisser son scalp ! Les avions doivent froler la route sur la colline avant d’atterrir en contrebas. Les voitures passent comme si de rien était, mais pour nous ce fût très impressionnant de voir de si près les roues du train d’atterrissage…. Dans le port de Gustavia, les yatchs ne se comptent plus, comme les boutiques de luxe.

Après tout ce déballage, nous emmenons nos équipiers découvrir une de nos petites pépites : L’ilet fourchu. Nous n’hésitons pas à monter sur un des sommets pour apercevoir St Barth et St Martin et nous avons la surprise de trouver une nichée de Fous Bruns, avec quelques petits. Belle récompense !

C’est déjà l’arrivée sur St Martin. Nous sommes tellement heureux de pouvoir partager ces beaux moments de découvertes et de vivre quelque chose de fort avec nos supers équipiers.

On vous embrasse.

 

 

 

Barbuda, nous revoilà… (escale 54)

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Nous sommes fins prêts pour remettre les voiles.

Quelques jours passés avec les bateaux-copains, les courses faites au grand centre commercial Destreland, tout près de Baie-Mahault et l’achat des fruits et légumes, au marché de Pointe à Pitre. Nous y accédons en annexe par la rivière qui sépare la Guadeloupe en 2 îles. Autrefois les ponts qui enjambent la rivière, s’ouvraient et les bateaux à voile pouvaient passer et rejoindre facilement le grand cul-de-sac Marin. Aujourd’hui c’est hors d’usage et pas de réparations envisagées, mais la balade en annexe est très jolie. Nous accueillons nos nouveaux équipiers. Pour notre plus grand plaisir, Laurent et Erika ont pris goût aux vacances sur Kermotu et nous décidons de partir à Barbuda dès leur arrivée.

Nous levons l’ancre à 17h pour une escale de nuit à Antigua et repartons tôt pour arriver à midi à Barbuda. Environ 80 miles nautiques soit 150 km. Selon les autorités du pays, les clearances d’entrée et de sortie doivent se faire à Antigua, mais selon « radio ponton » c’est possible aussi à Barbuda. Dès notre arrivée, nous nous mettons en quête du seul douanier de l’île. Après une belle marche qui nous fait découvrir Codrington, l’unique village de l’île, nous trouvons le poste de Douane. Très bien accueilli par John Mattieux, le douanier, nous avons en plus la bonne surprise d’apprendre que c’est gratuit !

Barbuda est célèbre pour sa compagnie de Frégates qui nichent au nord de l’île, dans la mangrove du lagon. C’est Geoffrey, le plus ancien et meilleur guide de l’Ile (il y en à 2), qui nous emmenera dans ce magnifique sanctuaire. Superbe oiseau marin avec des ailes longues et pointues et une queue fourchue. Son bec est long et crochu mais son plumage n’est pas imperméable, il ne nage pas, ne peut donc pas se poser sur l’eau, marche mal et ne peut décoller d’une surface plane mais il peut voler 2 mois sans se poser. Il se nourrit de poissons volants qu’il attrape au vol. La femelle a généralement le cou blanc et le mâle possède une poche rouge sous la gorge, qu’il gonfle pendant la période des amours pour attirer les femelles.

Ballade à pieds, ballade en barque, il nous restait la ballade à vélo. Ni une, ni deux, Philippe nous débarque, Laurent et moi sur la superbe plage de Cocoa Point et de là, nous rejoignons Codrington. Une trotte de 30 km AR mais qui vaut le détour pour bien s’imprégnier de l’ambiance de cette île.

on vous embrasse.

Toujours plus haut: la Soufrière (escale 53)

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Nos équipiers sont partis et nous avons quelques jours avant l’arrivée des suivants. Nous retrouvons Aurélien et Sarah et l’adorable petit Nael au mouillage de Baie-Mahault,

Le grand cul-de-sac Marin est un espace magnifique, c’est une vaste baie fermée par un long récif corallien, formée de mangroves, herbiers sous-marins, îlots de sable, forêts marécageuses, Nous décidons de la traverser pour relier Sainte-Rose à Baie-Mahault. La prudence aurait été de repasser par l’extérieur du lagon mais nous tentons l’intérieur pour gagner du temps. Le soleil haut et les hauts-fonds assez visibles nous rassurent. Kermotu a un tirant d’eau d’ 1,15m, les cartes ne sont pas très précises, nous naviguerons à vue et tout se passera bien.

Avec les bateaux-copains retrouvés au mouillage de Baie-Mahault, nous décidons d’explorer l’un des sites les plus visités de la Guadeloupe : La Soufrière. Culminant à 1467m, ce volcan est toujours actif. Des vapeurs sulfureuses récentes ont obligé certains à monter avec des masques, Heureusement pour nous, la zone étant sous haute surveillance, nous pouvons y aller en toute tranquilité et en partant tôt, nous espérons éviter le flot de touristes.

Ce fût une merveilleuse ballade, pas toujours facile, sous la pluie et le brouillard mais nous avons eu la chance d’apercevoir le cratère fumant lors d’une fugace éclaircie. Belle récompense. Que du bonheur !

On vous embrasse.