Et voila, notre beau catamaran Kermotu est maintenant en vente. Il nous faut quitter nos bons amis des Gambier pour revenir sur Tahiti.
C’est une longue navigation qui nous attend, 860 Miles nautique soit 1600 kms. Après un mois de vent non favorable, celui-ci tourne et nous permet de lever l’ancre.
C’est avec beaucoup de tristesse et mélancolie que nous quittons ce petit paradis du bout du monde et ses habitants au grand cœur. Tout au fond de nous, nous espérons vraiment y revenir un jour.
En attendant, il faut naviguer vers Tahiti avant de partir définitivement de la Polynésie Française pour l’Ouest et la découverte de quelques nouveaux territoires avant une vente éventuelle aux îles Fidji.
Toujours et encore aux Gambier, nous aurons beaucoup de tristesse à quitter ce petit havre de Paix, alors nous profitons à fond de nos amis et de ces merveilleux paysages.
Quelques images encore parmi toutes celles que nous avons enregistrées. On ne s’en lasse pas et on veut garder cela bien au chaud dans nos mémoires! Alors c’est peut-être un peu lassant quand on n’y est pas allé mais on veut quand même vous partager ces moments inoubliables pour nous…
Akamaru est une des 5 îles principales de l’archipel des Gambier. Elle est surmontée d’une montagne que l’on a escaladé avec nos amis Titouan et Juliette. Ils se sont installés aux Gambier depuis plusieurs années maintenant. D’abord au dispensaire où Juliette a travaillé en tant qu’infirmière et depuis un an, Titouan a ouvert un service pour les bateaux en transit dans l’archipel.
Les Gambier est la troisième porte d’entrée de la Polynésie avec Papeete et Nuku-Hiva aux Marquises. Les bateaux arrivent de Panama ou du Chili après plusieurs semaine de navigation et sont heureux de trouver ici, quelqu’un qui peut donner des renseignements précieux, faire des réparations, fournir du gaz ou de l’eau, faire des machines de linge, proposer les itinéraires de randonnées… Bref Titouan est l’Homme Providentiel!
Habitants sur place depuis plusieurs années, ils se sont liés d’amitié avec les Mangareviens. Comme Titouan a pu mettre une ruche dans son jardin, il a demandé à Bruno qui, lui en a une vingtaine et qui vit de sa production, de lui monter comment faire.
La gentillesse et la générosité ont encore frappé et Bruno a même accepté qu’on vienne avec eux, pendant la visite. Pendant toute une matinée, nous le suivons dans son travail de récolte des ruches puis de récupération du nectar de miel. Comme c’est les vacances, son fils l’accompagne et aide son papa sous nos yeux.
Nous remercions infiniment Bruno de nous avoir appris a récolter du miel. Depuis nous nous régalons de tartines au miel, thé au miel, yaourt au miel, gâteaux au miel… et même cuillérée de miel !!!!
Ce petit archipel, au sud-est de la Polynésie Française. La route a été longue et difficile pour y arriver mais encore une fois: Les Gambier, ça se mérite !!
Nous posons l’ancre directement devant une des 5 îles principales, Akamaru, pour y retrouver, le plus vite possible, nos bons amis. Et à part quelques aller-retour au village de Rikitea, nous resterons ancré dans le lagon pour profiter au maximum de cette nature luxuriante et de cette vie du bout du monde.
Une belle randonnée au sommet d’Akamaru nous permet de bien redécouvrir l’intégralité de l’archipel. La visite régulière de la grosse carangue apprivoisée et surnommée Jacqueline, est toujours un spectacle étonnant. Et bien sur, les moments de repas partagés avec nos amis resteront les meilleurs moments de notre séjour.
La douceur de vivre, nous l’avons réellement connue dans ce magnifique lagon d’Akamaru. Nous ne l’oublierons jamais.
Les enfants sont repartis vers la métropole et Kermotu se retrouve seul avec nous deux…
L’ autorisation de présence du bateau sur le territoire Polynésien Français va bientôt toucher à sa fin, au mois de Juin 2023, nous devons partir mais il nous parait impossible de quitter ce beau paradis sans aller dire au revoir à nos bons amis des Gambier, même si la route sera longue : 720 Miles nautiques soit 1300 kms à vol d’oiseau. Si la météo nous est clémente, on peut y arriver en une semaine.
Dès le départ des enfants, nous nous préparons à cette grande navigation. On refait les pleins et nous descendons à la passe sud de Fakarava pour attendre le vent favorable. Quelques jours passent et on ne voit rien de bon pour nous.
Mais nous sommes impatients de partir et un très faible souffle nous fait quand même lever les voiles.
Les paysages de ces immensités d’eau sont extraordinaires, nous savourons ces moments incroyable où nous sommes totalement seuls sur l’océan devant un spectacle de la nature époustouflant.
C’est à la vitesse d’un escargot que nous décidons de nous arrêter à Makemo. C’est ridicule, 100 Mn en deux jours… Philippe préfère s’arrêter et attendre tranquillement que le vent se lève vraiment.
Nous posons l’ancre devant le village et sommes étonnés d’entendre de bruits de tambours et de chants. A terre, on nous explique que Makemo est sélectionné pour la première fois au Heiva 2023 de Tahiti. Comme nous avons assisté aux spectacles 2022, nous savons que le résultat doit être irréprochable et que cela mobilise beaucoup de personnes.
C’est une grande chance de pouvoir assister aux répétitions des chorégraphies. Makemo a réussi à réunir une centaine de danseurs, chanteurs et musiciens, sans oublier le staff et les costumières. Tous bénévoles, ils auront le transport et le logement gratuit pendant les 15 jours à Tahiti. Ce sont les récompenses reçues lors de leurs prestations qui seront partagés entre tous.
Ils répètent 3 à 4 soirs par semaine depuis janvier. nous assisterons à deux soirées de répétition et même à un concert d’une star de Tahiti, Silvio Cicero.
Mais notre envie de rejoindre les Gambier est toujours très forte et nous reprenons la mer. Le vent ne nous sera décidément jamais vraiment favorable. On subit même un gros orage avec des éclairs impressionnants.
Un nouvel arrêt à Hao pour deux nuits, c’est la dernière étape possible avant les Gambier. Il reste encore 450 Mn soit 810 km.
Encore une fois, la météo nous fait lever l’ancre mais la réalité n’est pas du tout celle attendue. Nous hésitons plusieurs fois à faire demi-tour car nous avons plus souvent le vent dans le nez que le vent portant et chaque jour, Philippe est démoralisé devant le compte des miles réellement effectués!! Mais bon, ce sont les risques du voyage en bateau alors on prend notre mal en patience et on finira par arriver à bon port.
Pour couronner le tout, le vent tourne définitivement dans le bon sens à notre arrivée aux Gambier!
Nous sommes fiers et heureux car nous nous rendons compte que c’est la plus grande nav à deux depuis notre départ.
Kermotu et son équipage a vraiment trouvé son havre de paix dans ce lagon des Gambier.
La vie y est paisible, rythmée par la météo qui permet de sortir toutes les tailles de voiles et de planches… Philippe s’en donne à cœur joie, et emmène souvent « Fifille », le bichon de Ruita, qui commence à réclamer son tour de planche aussi !
Mais à terre, les choses sont plus sérieuses et comme nous avons du temps, nous proposons notre aide pour la fabrication et la mise en place des collecteurs à naissains.
La perle de Tahiti est cultivée exclusivement dans l’huître à lèvres noires, la Pinctada Margaritifera. Ce mollusque a la faculté de se reproduire facilement de façon régulière surtout aux intersaisons.
Lors de la période de ponte des huîtres, des collecteurs sont installés dans le lagon pour permettre aux gamètes mâles et femelles de se mélanger afin de donner naissance à des larves de nacres appelées naissains. Ces collecteurs sont des morceaux de plastique noir accrochés à des cordes. Cela permet de capter les larves des nacres pour qu’elles s’accrochent et grandissent.
L’élevage des bébés nacres est un préalable indispensable à la production des perles. En effet, une huître ne pourra être greffée que lorsqu’elle aura atteint une taille minimale et que certains organes seront suffisamment développés.
Nous voilà donc, petites mains, pour aider à la fabrication de ces sacs.
Cela nous prendra plusieurs jours et lors de la mise à l’eau, nous serons rejoints par François, Didier et Giacomo qui seront d’une aide précieuse pour attacher tous ces sacs au fond de l’eau.
L’archipel des Gambier est un des endroits les plus reculés de la Polynésie.
On a navigué à travers les Tuamotu pendant plusieurs semaines, on a attendu que les vents tournent dans le bon sens pour pouvoir arriver vers cet autre petit paradis. Et on a fini par atteindre ce joli jardin d’Eden.
A l’époque des missionnaires, de nombreuses espèces d’arbres fruitiers ont été amené et planté. Aujourd’hui, les jardins et les montagnes regorgent de toutes sortes de fruits. Certains ne sont même plus trop appréciés tellement le nombre d’arbres est important et tellement ils produisent de fruits. On est toujours étonnés et tristes de voir tous ces fruits tombés par terre, en train de pourrir.
On a remarqué que les populations locales préféraient les sodas et le coca plutôt que de manger un bon pamplemousse ou de se préparer une bonne citronnade.
C’est une chance pour les voyageurs comme nous, qui sommes émerveillés de voir cette abondance partout sur les îles de cet archipel. Et encore plus quand on arrive des lagons des Tuamotu où la majorité des arbres sont des cocotiers, où pratiquement aucun autre fruit ne pousse et que le petit paquet de cinq citrons bien avancés, à l’épicerie, coûte dans les 8 à 10€.
La population est très généreuse et très souvent quand on demande à récupérer quelques fruits tombés sous l’arbre, ils sont heureux de nous les donner et même, souvent ils remplissent nos bras d’autres fruits.
Avec nos amis locaux, nous décidons de préparer du jus de citron qui pourra être conservé et bu quand on sera dans des lieux moins généreux. C’est parti pour le ramassage, le lavage, le pressage de quelques kilos.
Pour obtenir le jus le plus pur, nous laissons reposer quelques jours puis nous filtrons avant d’ajouter le sucre. Les cales de Kermotu se remplissent de bouteilles de jus qui feront la joie de nos invités.
Hermine et Paul ont rejoint la France et nous avons ancré dans notre lagon préféré avec nos très bons amis. Les journées sont plutôt tranquilles entre planche à voile, Kite et Wing à foil dont Philippe devient de plus en plus expert. L’endroit est parfait car on peut partir et revenir au bateau directement. Le plan d’eau est plat car protégé par les patates de corail autour. L’eau sous le bateau est cristalline avec juste un petit courant du large pour la renouveler.
Nous passons beaucoup de temps avec nos amis qui ont décidé d’arrêter la production de perles pour se consacrer à un autre trésor : la culture de la vanille.
La vanille est une orchidée grimpante. Elle a été introduite à Tahiti par les navigateurs il y a plus d’un siècle et demi, de plusieurs sources : Mexique, Antilles, Philippines… Les premiers plants s’adaptèrent très vite et les croisements ont fini par donner la vanille la plus parfumée au monde!
Le vanillier nécessite un support pour grimper et trouver de l’ombre. Dans les vanilleraies, on plante généralement au préalable de petits arbres capables de supporter ultérieurement le poids du vanillier. Le vanillier ne pousse que sous un climat chaud et humide. La floraison ne dure que 6 semaines par an. De plus, la durée de vie des fleurs est d’une journée environ, il faudra polliniser à la main, les fleurs en temps utile pour obtenir des gousses de vanille .
Les gousses apparaitront 2 mois après la pollinisation, mais elles mettent 6 à 9 mois pour murir. Ensuite, il suffit de cueillir délicatement les gousses encore vertes puis c’est le soleil de Polynésie qui les sècheront doucement jusqu’à obtenir une gousse noire.
Ce travail qu’entreprennent Ruita et Rémy est énorme, ils ont déjà une petite vanilleraie pour leur consommation personnelle mais là ils veulent en faire commerce et donc agrandir leur parc.
Après avoir préparé le terrain en coupant les arbres gênants, planté les tuteurs et rempli les allées de bourre de coco et de terreau qu’ils préparent eux-mêmes aussi. ils ont installé les lianes de vanille bouturées sur chaque tuteur, une à une. c’est un travail de plusieurs années.
MAIS le souci majeur est le soleil. La vanille ne doit pas être brulée par son rayonnement puissant et la fabrication d’une ombrière semble être la meilleure solution. Rémy y a beaucoup réfléchi et a commandé le matériel nécessaire. la tâche va être compliquée. Nous sommes prêts pour l’aider mais c’est là qu’interviennent les bateaux copains et le travail qui devait durer un mois est fini en quatre jours !
Quel bonheur de voir la joie et le soulagement dans les yeux de nos amis. Tout se termine par un bon diner chez eux.
De Hao aux Gambier, Paul et Hermine sont venus partager notre aventure sur Kermotu.
Après une arrivée calme et ensoleillée, nous avons vécu un coup de vent mémorable et tellement inattendu, qu’il aurait bien pu entraîner la fin du voyage.
Mais la chance est avec nous et nous avons pu prendre la mer vers les Gambier. La navigation a duré 4 jours plus ou moins agréable… mais quel plaisir de retrouver ce merveilleux archipel.
Voilà un petit récapitulatif sympathique des vacances de nos enfants.
Notre séjour aux Gambier touche à sa fin et nous ne regretterons jamais cette escale. On la classe sans hésiter dans le top 3 de notre voyage.
Peut-être de par son éloignement du reste de la Polynésie, ou par la petite taille de cet archipel ou par la variété de ses paysages et de sa flore et sûrement aussi par nos rencontres inoubliables, autant à terre avec les habitants locaux que sur l’eau avec les voileux.
Nous avons…
randonné dans les forêts et les montagnes magnifiques
fait du vélo autour de l’île principale, Mangareva,
glissé en planche, en kite et en wing sur des lagons aux couleurs cristallines,
admiré des couchers de soleil à pleurer de beauté
mangé des fruits exotiques à gogo,
rigolé avec les amis et régalés de cochon grillé ou de la pêche du jour,
navigué sur de petites distances et toujours sur une mer parfaitement plate,
découvert l’histoire et la patrimoine architectural unique de cet archipel,
rencontré de nouveaux bateaux-copain et retrouver avec joie les anciens,
visité le lycée avec sa classe de gravure sur nacre.
Nous nous sommes…
essayés à la pêche aux langoustes et aux crabes,
passionnés pour la culture du trésor des Gambier : la perle noire,
entraidés dans l’entretien du bateau ou la confection de nouvelles pâtisseries,
Et plus que tout, nous nous sommes…
émerveillés de la gentillesse et de la générosité des habitants des Gambier.
Notre séjour se terminera par la visite du lycée avec sa classe de gravure sur nacre. Arrivés au beau milieu du travail, nous sommes immédiatement pris en charge par un élève qui va répondre à nos questions et va nous montrer son propre travail ainsi que celui de ces camarades. Le professeur va également intervenir pour nous expliquer la difficulté des jeunes à se lancer dans cette voie malgré leur haute qualification.
Je trouve enfin, une partie du cadeau que je prévois de faire pour la belle réussite au Master en Physique des Matériaux de Xavier et de façon complètement inattendue, le jeune qui l’a fabriqué avec soin, se lance dans une magnifique dédicace qui me fera venir les larmes aux yeux…