Ilot CASY, Nouvelle Calédonie (escale 155)

Après six mois de navigation à travers l’immensité de l’océan Pacifique, Kermotu retrouve enfin un territoire français : la Nouvelle-Calédonie ! À peine nos pieds posés sur le sol, une agréable surprise nous attend : Gwénolé, un ami de Paul, est là pour nous accueillir. Très vite, nous replongeons dans le confort des habitudes terriennes : cinéma, supermarchés bien fournis, et même rendez-vous chez le dentiste ou le médecin… Un vrai retour à la civilisation !

Une fois les formalités d’entrée passées, l’appel de l’aventure nous pousse à explorer l’intérieur du vaste lagon qui entoure la grande île de « Grande Terre ». Notre première escale nous conduit au sud de l’île, vers la baie de Prony, un lieu d’une beauté sauvage. Nous empruntons le canal de Woodin, qui longe les côtes de l’île Ouen, avant de déboucher sur l’entrée de la baie.

Le paysage nous saisit : la terre prend des teintes d’ocre et de rouge éclatant, tranchant avec la végétation verdoyante. C’est un spectacle presque irréel, comme si la terre elle-même saignait. Cette étrange couleur est due à un sol riche en fer, où l’érosion a sculpté les montagnes et la végétation lutte pour pousser sur ce sol devenu presque aride.

Nous jetons l’ancre à une bouée devant l’îlot Casy, un véritable petit paradis où nous sommes seuls au mouillage. L’eau cristalline nous rappelle les Tuamotu, et l’envie de partir explorer cet endroit paradisiaque devient irrésistible. Casquettes sur la tête, chaussures de randonnée aux pieds, nous partons à la découverte de l’île.

L’îlot a été d’abord habité par des tribus kanak venues de l’île Ouen, puis par les gardiens du camp pénitentiaire de Prony, qui y cultivaient des légumes et élevaient des moutons. Plus tard, une famille y a fait sa vie et ils ont laissé derrière eux un chien, dernier gardien de l’île, qui veillera seul sur l’îlot pendant 14 longues années. Aujourd’hui, l’îlot Casy est devenu une réserve naturelle classée, protégée et préservée.

On vous embrasse.

Cyclone LOLA annoncé, Kermotu prend la fuite (escale 154)

Le vent du chaos : une fuite précipitée face à Lola

Ça y est, l’impensable est arrivé. Notre premier vrai cyclone se dresse devant nous, menaçant, implacable, comme un présage sombre annonçant la fureur de la saison à venir. Et quel coup d’éclat pour un début : il arrive avec quinze jours d’avance, défiant les calendriers et les certitudes.

Au départ, nous n’y croyions pas. Qui aurait pu croire qu’un monstre pareil se formerait si tôt ? Il nous a fallu vingt-quatre heures pour admettre l’évidence : rester serait une folie. Ici, au Vanuatu, aucun refuge ne pourrait nous protéger de ce géant. La seule issue ? La fuite. Une fuite désespérée, une course contre le temps et les éléments.

Nos deux bateaux compagnons, encore hésitants la veille au soir, ont fini par lever l’ancre avant nous, emportés par une crainte silencieuse. Nous les avons suivis, laissant derrière nous les eaux familières pour nous aventurer sur l’océan Pacifique. Destination : la Nouvelle-Calédonie, loin au sud, hors de la portée de Lola.

Ce départ précipité ne nous a pas laissé le luxe de choisir des conditions idéales. La mer était agitée, le vent fort et les journées épuisantes. Trois jours nous ont été nécessaires pour atteindre Lifou, dans l’archipel des Loyautés, et deux jours de plus pour arriver à Nouméa.

Cette navigation restera un souvenir difficile : une traversée inconfortable et sportive, loin des escapades paisibles auxquelles nous aspirons d’ordinaire. Mais une chose est sûre, nous sommes soulagés d’avoir échappé au cyclone Lola qui a soufflé à plus de 300 km/h et détruit une grande partie du pays, juste là où nous étions.

Un immense merci à Starlink et Windy , ces fils invisibles qui nous ont permis de suivre l’évolution du cyclone et d’ajuster notre route en temps réel, où que nous soyons.

On vous embrasse.

La « musique de l’Eau », au Vanuatu.(escale 153)

Voici la suite de notre visite du village de Leweton, un moment marquant et enchanteur à bien des égards

Dans l’un des archipels du nord des Vanuatu, les îles Banks abritent Gaua, une île circulaire dominée en son centre par un volcan toujours actif. C’est de cette terre riche et mystérieuse qu’est née une pratique musicale ancestrale, transmise de génération en génération par des femmes : la musique de l’eau, ou jeux d’eau, une tradition presque unique au monde.

Ces artistes se placent dans l’embouchure d’une rivière ou dans la mer, avec de l’eau jusqu’à la taille. À l’aide de leurs mains, bras, et poings, elles frappent, caressent, et effleurent la surface de l’eau, en faisant jaillir une gamme incroyable de sons. Leurs gestes précis et synchronisés transforment l’eau en un véritable instrument. Habillées de leurs tenues traditionnelles, composées de feuilles naturelles de pandanus, elles offrent un spectacle à la fois visuel et sonore, profondément captivant.

Le village de Leweton, situé sur l’île principale d’Espiritu Santo, a été fondé il y a quelques années par des habitants issus des tribus des îles Banks. Ils ont emporté avec eux leur riche patrimoine culturel et ont créé un lieu où les touristes peuvent découvrir les traditions vivantes du Vanuatu. Parmi ces traditions, la musique de l’eau occupe une place centrale. Reconnu pour sa singularité, cet art a conduit ces femmes à voyager à travers le monde, partageant leur musique étonnante et féerique.

Ce moment que nous avons vécu dans ce village est gravé dans nos cœurs. C’était une expérience unique, remplie d’émotion, que nous avons le plaisir de partager avec vous.

On vous embrasse !

Kava et danse à Espiritu Santo (escale 152)

Après notre découverte du trou bleu de Riri, nous avons décidé de visiter le centre culturel de Leweton. J’en avais entendu parler sur internet, notamment pour l’expérience unique d’entendre les femmes qui font « chanter l’eau ». Rien que ces quelques mots nous avaient donné envie d’en savoir plus. Sans tarder, nous avons pris rendez-vous et trouvé un taxi pour nous y rendre.

À notre arrivée, nous avons été chaleureusement accueillis par plusieurs femmes et enfants, qui nous ont conduits directement dans la hutte des Hommes. Nous étions seuls, juste tous les deux, et avons pu assister à la préparation du feu à la main. Ensuite, nous avons eu le privilège d’assister à la fameuse cérémonie de préparation du Kava, cette boisson traditionnelle encore très prisée au Vanuatu et dans les îles du Pacifique. En tant qu’invités, nous avons même eu le droit d’y goûter, ce qui est rare, surtout pour moi, car ici, le Kava est généralement réservé aux hommes.

La plante de Kava, de la famille du poivre, pousse partout au Vanuatu. Cependant, pour obtenir une racine assez grande et riche en substances actives, il faut plusieurs années de croissance. La racine est ensuite broyée et mélangée avec de l’eau, bien qu’elle puisse aussi être mâchée. Ici, elle est le plus souvent consommée sous forme de boisson.

Considérée comme sacrée, la plante de Kava occupe une place importante dans la spiritualité et les traditions locales. Ses effets, qui varient selon la quantité consommée, procurent souvent une sensation de calme, de relaxation et même une légère euphorie. Après avoir bu ce breuvage au goût marqué de terre, nous avons eu la chance d’assister à une danse traditionnelle des hommes, suivie d’une performance des femmes et des enfants. Et cerise sur le gâteau, nous avons même été invités à danser avec eux. Un moment de pur bonheur !

Je vous garde la découverte des femmes qui font « chanter l’eau » pour notre prochaine escale.

On vous embrasse.

Trou bleu RIRI, au Vanuatu (escale 151)

Le voyage du blog reprend après un arrêt prolongé pour une très belle raison (escale150)…

Après être passé par Tanna, Efate, et Malekula, Kermotu continue sa route vers le nord du Vanuatu pour ancrer sur la plus grande île de ce magnifique archipel : Espirito Santo. C’est également la plus peuplée avec Luganville comme capitale. Pendant la seconde guerre mondiale, Santo devient une importante base militaire Américaine avec la construction d’une base aérienne. Il reste des épaves très réputées pour les plongeurs.

Mais surtout, elle cache dans sa nature luxuriante des sortes de grottes immergées, plus ou moins circulaires : les fameux Trous Bleus. C’est la première chose que l’on veut voir !

Nous naviguons donc, le long de la côte Est de l’île pour arriver dans une grande baie parsemée d’îles et d’îlots. Certains passages sont dangereux pour le cata mais Philippe gère parfaitement et nous nous retrouvons ancré dans une sorte de piscine bleue entourée de végétation. C’est magnifique et nous sortons immédiatement le drone pour voir si nous trouvons la fameuse rivière qui mène au trou bleu.

En effet, sa couleur bleu clair ressort tellement dans cette végétation verdoyante qu’elle n’est pas difficile à suivre. C’est en paddle que nous irons visiter cette rivière jusqu’à sa source.

Nous nous arrêtons sur la plage où débute la rivière et nous rencontrons Philibert et sa femme qui habitent tout près. Ils nous préviennent que l’accès est privé et que le propriétaire nous fera payer près du petit pont. Nous voilà avertis et c’est parti !!!

Incroyable remontée de cette rivière féérique sur une eau cristalline où se reflètent les arbres verts. C’est à couper le souffle, et nous prenons tout notre temps tellement nous sommes éblouis.

Et puis… c’est l’arrivée à la source… Et là, c’est le choc !!! Le bleu paraît surnaturel, irréel et pourtant c’est là, devant nos yeux. Nous resterons un bon moment à nager dans cette eau douce et fraîche, à admirer ce joyaux de la nature. Quel incroyable Bonheur !

Au retour, nous passerons plus de temps avec Philibert et sa grande famille qui vivent là, loin de la ville. Ils nous ont beaucoup touchés par leur gentillesse et leur générosité. Leur vie simple mais qui est souvent bouleversées par les aléas climatiques. Hélàs nous les quitterons d’ailleurs assez rapidement à l’annonce de l’arrivée d’un cyclone.

On vous embrasse.

Ils se sont dit « OUI » (escale 150)

En voilà une escale inédite !!

Comme vous pouvez bien l’imaginer, l’équipage de Kermotu a quitté le bord, pour se rendre plusieurs mois en France et partager avec famille et amis, ces merveilleux moments de l’engagement dans le mariage de nos enfants.

Le blog du voyage a été mis de côté mais maintenant nous sommes très heureux de reprendre le travail et de commencer avec cette escale toute particulière.

Ce fût des moments très forts pour nous, parents du marié et pour l’occasion je n’ai pas résisté à l’envie de faire une petite vidéo avec quelques images retrouvées dans les cartons. Paul m’a donné l’autorisation du partage. Alors j’en profite…

On vous embrasse.

Smol NAMBAS, tribu du Vanuatu ( escale 149 )

Pour les fidèles qui suivent notre blog et ceux qui lisent religieusement la « bafouille » avant de découvrir les images dans la vidéo, ( au passage je vous en remercie du fond du cœur car ce n’est pas toujours facile de traduire avec des mots ce que l’on ressent )

Pour les fidèles, donc, je vous livre là un moment clé de notre voyage! Il y a un Avant et un Après les Nambas.

Après beaucoup de recherches sur internet j’ai fini par trouver les coordonnées de Etienne, guide local, qui propose une journée découverte de la culture de son pays. (Etienne et Lynne +678 568 58 52, etiennetiasinmal@gmail.com)

Apres une belle navigation en compagnie de nos amis : Carole et Alain de WaterTribes et Brigitte et Eric de Chindoa, nous ancrons dans la baie de Stanley devant une jolie petite île : Suaro îsland où nous rencontrons Hatchie qui nous accueille avec une grande gentillesse.

Le lendemain, Etienne viendra nous chercher et sur le quai, nous assistons au débarquement du cargo qui arrive de l’ile principale puis c’est la route vers la tribu des smol Nambas.

« Nambas » veut dire : étui pénien et « smol » : petit. Nous voilà renseignés

Nous avons vécu une journée extraordinaire avec des hommes et des femmes tellement loin de notre propre culture, tellement différents de tout ce que nous avions déjà vu auparavant mais tellement beaux et généreux. Encore une fois les mots me manquent pour exprimer les émotions ressenties.

Nous garderons ces visages et ces regards gravés dans nos mémoires à jamais.

On vous embrasse.

Le Dugong des Maskelyne au Vanuatu (escale 148)

Nous continuons notre navigation plus au nord et atteignons la région des Maskelyne. Comme nous l’avions déjà ressenti à Tanna, nous touchons du doigt l’authenticité du Vanuatu.

Avant même qu’on pose l’ancre, nous voyons arriver des pirogues avec des hommes qui viennent nous accueillir, nous proposer de venir voir leur village, nous indiquer les meilleurs ancrages. Ils sont tout sourire et semblent heureux de nous voir s’arrêter près de leurs îles.

Nous décidons d’ancrer devant l’îlot Sakao avec les copains de Chindoa et Water-tribes. Nous apprenons que cet îlot sert de jardin potager pour les îles où se trouvent les villages mais surtout qu’il y une source d’eau douce qui leur est bien utile.

Dès le lendemain, des pêcheurs viennent nous proposer de nous emmener voir les fameux Dugong, seul mammifère marin herbivore. Il n’en reste plus beaucoup car assez lents, ils broutent la végétation sur des fonds peu profonds, souvent près des côtes. Ils étaient chassé pour leur chair et aujourd’hui leur habitat côtier se réduit. C’est une espèce menacée. Nous avons eu beaucoup de chance d’en apercevoir lors de notre plongée. Pendant ce temps les autres pêcheurs ont ramené de quoi nourrir le village et nous montre la précieuse source d’eau douce. Alain de Water tribes profite de la générosité des locaux pour remplir ses bidons. Quelques femmes sont arrivées aussi sur l’îlot et en profitent pour cueillir des fruits et légumes et une ancienne restée sur la plage, nous confectionne un magnifique éventail!

Philippe et Alain ont repéré un beau spot de Kite pas trop loin , nous levons l’ancre pour le petit îlot de Vulaî. Ils s’en donnent à cœur joie!

Les images du drone nous permettent, encore une fois, de nous rendre compte de la beauté de ces îles oubliées et si loin de la France!

On vous embrasse.

EFATE, île des Vanuatu (escale 147)

Kermotu quitte avec tristesse la belle île de Tanna et son volcan. Nous longeons la côte et le panache de fumée qui se dégage du Volcan est très impressionnant. Nous le voyons encore de loin et le pont du catamaran est crasseux de suie.

La navigation est plutôt confortable et rapide, nous avons décidé de nous diriger directement vers Port Vila, la capitale du Vanuatu pour terminer les formalités d’entrée sur le territoire et faire quelques courses.

L’ancrage se fait devant le village sur une étroite bande de sable qui nous permet de poser l’ancre pas trop profond. Heureusement, il n’y a pas encore trop de bateaux et nous trouvons une place dans 7 mètres de fond. Sur le quai c’est la fête avec des animations artistiques et musicales. Comme d’habitude, nous visitons le marché plein de couleurs et découvrons les petites cuisines toutes regroupées où les femmes proposent le repas du midi pour quelques euros.

Mais l’envie de quitter la ville se fait vite sentir et nous enfourchons les vélos pour la visite de la chocolaterie Aelan. Hélas c’est fermé, au retour nous passons par le marché des couturières qui doivent habiller tout l’archipel, vu le nombre d’articles en vente!

Puis nous naviguons à l’ouest de l’île pour retrouver des bateaux copains. Nous ancrons dans la baie de Sema où se trouve l’épave du Yacht BlueGold. Après une saisie par le gouvernement pour des histoires d’impôts impayés, ce luxueux bateau sera endommagé et échoué devant un village suite au passage du cyclone Pam en 2015. Depuis il est toujours là à défigurer le paysage et mettre en danger la population locale. C’est bien triste.

Nous rejoignons Alain et Carole, les Water tribes, pour une dernière balade dans la rivière du côté de Port Havanna puis nous quittons Efate pour les îles du nord.

On vous embrasse

Ile de TANNA, au VANUATU et Le volcan Yasur. (escale 146)

En 4 jours de navigation, Kermotu pose son ancre au Vanuatu, dans la jolie baie de Port Résolution, du nom du navire du capitaine James Cook, qui y accosta en 1774. Nous retrouvons les bateaux-copains et rencontrons d’autres qui arrivent après nous.

Nous tombons immédiatement sous le charme de ce petit village accueillant. Le douanier vient même jusqu’à nous en 3 heures de route depuis Lenakel, la capitale. Les formalités d’entrée sont ainsi simplifiées et nous pouvons commencer à découvrir cette île du bout du monde.

Après la visite du village, de l’école et de son directeur, et des sources chaudes qui tombent directement dans la baie, nous allons déjeuner sur la plage au White Beach.

Nous devons récupérer de l’argent local, des Vatus, et la seule solution est de prendre le taxi pour Lenakel. la route est incroyable et éprouvante pour certains. Nous mettrons 3h à travers un paysage époustouflant, au pied du Volcan Yesur, sur des routes complètement défoncées par les intempéries et le manque de moyen de ce pays. Nous nous arrêtons déposer quelques personnes s’embarquant sur le ferry hebdomadaire qui les amènera sur l’île principale de l’archipel des Vanuatu : Efate. La chance nous sourie car c’est jour de marché ! Les fruits et légumes, les racines et les cochons vivants… Les vendeuses sont toutes habillées de jaune pour les reconnaitre. Nous remplissons notre sac de produits frais et allons déjeuner dans un des rares restaurants de la ville.

Mais le meilleur reste à visiter ! Le volcan Yasur.

Un volcan actif, pas très élevé (370m) et facilement accessible en voiture. Nous partons avec les amis des bateaux copains pour une fin de journée inoubliable. Monter au sommet de ce volcan en pleine activité et pouvoir observer la lave en pleine ébullition mais surtout entendre et ressentir les énormes grondements de la terre est une expérience inimaginable et qui restera gravée dans nos tripes!! J’ai laissé le son dans la vidéo pour vous partager ces moments magiques.

On vous embrasse.